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Chapter One Part One 142-145

Those who do not have any superfluities to exchange for ours must not be excluded, because, by the first principle that I established with regard to necessities, a superfluous portion of food that is necessary for human life does not belong to us, rather it is due to all those who have need of it. This is our duty to the poor. I also maintain that those who have a hard heart towards the poor, who don’t want to convey to them some of their superfluities because these poor are not able to convey theirs to them, are very bad stewards and do not understand their true interests. Since our wealth (142) is unable to begin or to continue or to grow without the personal assistance of men, it is without a doubt of general interest to all men for the contributors[^1] to their wealth to be well and able to have a reciprocal part in this personal assistance, and those who fail to contribute their proportional part to it also fail to become richer: as many of these contributors[^2] lost is as many degrees of wealth taken away. It is often very stupidly said that one, two, or three men are not an issue. They do not consider that if everyone thought the same and if they were as quick to let them die, we would soon be reduced to the utmost destitution with all our treasures, which are only treasures in proportion (143) to the number of those who make use of them.

The same applies to the superfluous quantity of money that one often saves so carefully and, without observing the principle and the general rule that the natural order shows us in this regard, removes from use and from its common purpose for all men, which is to make convenient the exchange of food, merchandise, and generally all the goods for which it is used by the common consent of all society. This superfluous money that misers are accustomed to saving and to removing from its ordinary use loses, from its long time out of commerce, an infinite number of its functions that it could have performed for the convenience and for the increase of other’s wealth, (144) even of the one who deprives society of it. One écu that frequently changes its owner each day gives as many conveniences and as much increase in wealth to as many hands as it passes through: the one who saves it would have had his part if he had made a use of it that is suitable for society’s interest and good, of which he deprives himself as well as society.

 

    French Text

    Ceux qut n'ont point de superflu à nous donner pour le nôtre, n'en doivent point être exclus, parce que par le premier principe que j'ai établ ià l'égard du nécessaire, une portion superflue de denrées nécessaires à la vie de l'homme ne nous appartient pas, mais elle est dûe à tous ceux qui en ont besoin. C'est en quoi se renferme notredevoir envers les pauvres. Je soutiens encore que ceux qui ont le cœur dur envers les pauvres qui ne veulent point leur communiquer une partie de leur superflu, parce que ces pauvres ne se trouvent pas en état de leur communiquer du leur, sont de tres mauvais œconomes, & n'entendent pas leurs véritables interêts. Notre richesse ne (142) pouvant pas commencer, ni continuer, ni augmenter sans le ministere personnel des hommes, il est sans doute de l'interest general de tous les hommes que les concourans à leur richesse se portent bien & soient en état de se prêter réciproquement ce ministere personnel, & que ceux qui manquent à y contribuer leur part proportionnée, manquent aussi de devenir plus riches: autant de ces concourans perdus, autant de degrés de richesse ôtés. On dit souvent fort sottement qu'un, deux ou trois hommes ne sont pas un objet, & on ne considere pas que si tout le monde pensoit de même, & qu'on fût aussi prompt à les laisser perir, nous serions bientôt réduits à la derniere misere avec tous nos tresors qui ne le sont qu'à proportion (143) de la quantité de ceux qui en font usage. 

    C'est de même de la quantité superflue d'argent que l'on garde souvent si soigneusement & sans observer le principe & la regle generale que l'ordre naturel nous montre à cet égard, en l'ôtant de l'usage & de la destination commune de tous les hommes, qui est la commodité de l'échange des denrées, des marchandises, & generalement de tous les biens, auquel il sert par un consentement commun de toute la société. Ce superflu d'argent que les avaricieux ont coutume degarder & de soustraire à son usage ordinaire, perd par la longue garde une infinité de ses fonctions, qu'il auroit pû faire pour la commodité & pour l'augmentation des richesses des autres, (144) &  de celui même qui en prive la societé. Un écu changeant souvent par jour de maître, donne autant de commodités & autant d'augmentations de richesses à autant de mains par lesquelles il passe: celui qui le garde en auroit sa part, s'il en faisait l'usage convenable à l'interêt & au bien de la société, dont il se prive aussi bien que la societé.