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Chapter One Part One 124-128

To that end, we must pay particular attention so that our senses, minds, and wills are not misled by establishing false conveniences in place of real ones, and so that because of this, we do not suffer the disadvantage of living uncomfortably and disagreeably. It is true that our senses often deceive us and that we surrender to appearances, and in this way, we often deprive ourselves of the principal amenities of life. Thus, the mind must come to the aid of the senses and carefully examine the objects that take hold of them and bring about an agreeable reaction. We easily understand that an agreeable feeling does not lead to our destruction (124) and that, on the contrary, a disagreeable one produces this unfortunate result. There are an infinite number of examples that show that health can decline and death be hastened from being repeatedly exposed to[^1] annoying and disagreeable objects. This reflection leads us to know a true convenience as we see it approach a true necessity, which is to preserve our health and our life: we can and should only be rich by preserving them and by preserving all those who create our wealth.

When, instead of leading us to this sole goal of our purpose in this world, the conveniences that we establish for ourselves produce the opposite result, and, from an appearance of convenience (125) and agreeableness, bring us sorrows, trouble, illnesses, and even death, and when examples and experience remove all doubt, it is clear that false and misleading conveniences, instead of enriching us, lead us to the depths of poverty and destitution. We must chase from our minds all the false ideas that the appearance of convenience and agreeableness can engender and only leave room for those objects that preserve our bodies and truly satisfy our souls, which could not survive if our bodies were not well. We usually say that health is a great wealth without reflecting enough on the whole extent and (126) the full force of this truth and on what I have said and often repeated since the beginning of this chapter. Is it not true that a man who has lost his health due to drinking and to eating, that is to say, by establishing necessary food as a convenience and making it the only object for delighting his senses,[^2] is a very poor and miserable man? Even so, this would not be that important if it were true for him alone, but as I said in the preceding point, this is true for all of society or for all the contributors[^3] to his wealth: his body and his mind are unable to contribute proportionally to their preservation. There are no laws rigorous enough against these abuses, and we must fight against (127) these monsters with both our example and public scorn.

 

    French Text

    Pour cet effet il faut apporter une attention particuliere, pour que ni nos sens ni notre esprit, ni notre volonté ne soient pas trompez en erigeant un faux commode à la place du veritable, & que par là nous ne tombions pas dans l'inconvenient de vivre incommodement & desagreablement. Il est vrai que nos sens nous trompent souvent, que nous donnons dans les apparences, & que par là nous nous privions souvent des principaux agréments de la vie. Il faut donc que l'esprit vienne au secours des sens, & qu'il examine soigneusement les objets qui s'emparent d'eux, & y causent un mouvement agréable. Nous concevons bien que le sentiment de l'agréable ne tend pas à notre destruction, (124) & qu'au contraire celui du desagréable produit cet effet facheux, & qu'il y a une infinité d'exemples qui font voir que la santé peut diminuer, & la mort s'accelerer par une répétition continuelle des objets facheux & desagréables. Cette reflexion nous donne lieu de connoitre le vrai commode à mesure que nous le voyons approcher du vrai nécessaire, qui est la conservation de notre santé & de notre vie; nous ne pouvons & nous ne devons être riches que par sa conservation & par celle de tous ceux qui forment notre richesse. 

    Quand le commode que nous nous établissons, au lieu de nous mener à ce but unique de notre destination dans ce monde, produit un effet contraire, & que par une apparence de commode (125) & d'agréable, il nous amene des douleurs, de la peine, des maladies & la mort même, & que les exemples, & l'experience nous n'en laissent point de doute, il est constant que c'est un commode faux & trompeur, qui au lieu de nous enrichir nous mene à la derniere pauvreté & misere. II faut chasser de notre esprit toutes les fausses idées que les apparences du commode & de l'agréable peuvent causer & n'y laisser place à d'autres objets qu'à ceux qui vont à la conservation de notre corps & à la veritable satisfaction de notre ame, qui ne sçauroit subsister sans que notre corps se porte bien. On dit ordinairement que la santé est une grande richesse, sans assez reflechir sur toute l'étendue & (126) fur toute la force de cette verité, & sur ce que j'ai dit & repeté souvent depuis le commencement de ce Chapitre. N'est-il pas vrai qu'un homme qui a perdu sa santé à force de boire & de manger, c'est à dire, à force d'ériger la nourriture nécessaire en commode & d'en faire l'unique objet de la délectation de ses sens, est un homme tres pauvre & tres miserable? Ce seroit encore peu de chose s'il l'étoit pour lui seul; mais comme j'ai dit dans l'article précedent, il l'est pour toute la societé ou pour tous les concourans à sa richesse; son corps & son esprit sont hors d'état de contribuer proportionnellement à leur conservation. Il n'y a pas de loix assez rigoureuses contre ces abus, & on doit combattre en (127) même tems ces monstres par son exemple & par un mépris public.