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Chapter One Part One 121-123

This reflection on the order and the marvelous arrangement of things in nature shows us rather obviously the universal law that imposes itself on the will of all men who are equally driven to live comfortably, which is, that each one owes as much to others as he wants to receive from them. This proposition, although in appearance very simple, has great scope, considering it in all its strength. I will not say that it contains all the rules of polite society[^1], which expects us not to expose disagreeable things to the senses and, consequently, to the minds of others and not to inconvenience them. I will only say (121) that it leads us to well-ordered conduct in the acquisition and in the preservation of our wealth, of which conveniences form without question the second degree. It obliges us to learn what others establish as conveniences for themselves and to contribute to them in the same proportion that they contribute to ours. It makes all men perfectly equal and asks as much from one as from another.  A prince, for example, is as subject to this law as the least of his subjects; the moment that he transgresses it, he is punished by the wonderful subordination of secondary causes, which are like the enforcers of universal justice. He could only live comfortably and agreeably (122) insofar as all his subjects and an infinite number of others have their proportional part of it. The moment that he disturbs this proportion he begins to live less comfortably and less agreeably because he diminishes the number, the power, and the will of those who provide him with his conveniences. This is the same for all other men, of no matter what trade or rank, because the good and the bad are reciprocal everywhere, as much with regard to conveniences as with regard to necessities, as I have just explained in the previous point. Our desire to live comfortably must submit to this order and to this universal rule by knowing it is impossible to reach our goal by doing the opposite. (123)

 

    French Text

    Cette reflexion sur l'ordre & la disposition merveilleuse des choses dans la nature, nous montre assez évidemment la loi universelle qui s'impose à la volonté de tous les hommes également portez à vivre commodement, qui est, que chacun doit autant aux autres qu'il veut recevoir d'eux. Cette proposition quoique en apparence tres simple, est d'une grande étendue en la considerant dans toute sa force. Je ne dirai pas qu'eile renferme toutes les regles de la veritable politesse, qui veulent que nous n'exposions pas des choses desagréables aux sens, & par consequent à l'esprit des autres; & que nous ne leur soions pas incommodes; je dirai seulement (121) qu'elle nous méne à une conduite reglée dans l'acquisition & la conservation de nos richesses, dont le commode forme sans contredit le second degré. Elle nous oblige de nous instruire dans ce que les autres s'érigent en commode, & d'y contribuer dans la même proportion qu'ils contribuent au nôtre. Elle met tous les hommes dans une égalité parfaite, & demande autant de l'un que de l'autre. Un Prince par exemple, est aussi bien sujet à cette loy, que le moindre de ses sujets, dans le moment qu'il l'a transgressée, il est puni par la subordination merveilleuse des causes secondes, qui sont comme les executeurs de la justice universelle. Il ne sçauroit vivre commodement & agréablement qu'à (122) mesure que tous ses sujets & une infinité d'autres en ont leur part proportionnée. Dans le moment qu'il dérange cette proportion, il commence à vivre moins commodement & moins agréablement, parce qu'il diminue le nombre, le pouvoir & la volonté de ceux qui lui procurent ses commoditez. C'est de même de tout le reste des hommes, de quelque état ou condition qu'ils soient, le bien & le mal étant par tout reciproque, aussi bien à l'égard du commode, qu'à l'égard du nécessaire, comme je viens d'expliquer dans l'article précedent. Notre envie de vivre commodement, se doit soumettre à cet ordre & à cette regle universelle, en connoissant l'impossibilité d'arriver à notre but par des voyes contraires. (123)