
All I imagine to be new in my book is the method. I looked for (vi) certain and sound principles, which can serve as rules and guides for everything one would like to undertake to manage a State’s economy. I tried to arrange them according to the natural order one should follow when writing about all kinds of sciences and connect them by necessary consequences. I cannot remember seeing a single author who has written in this way; besides, they only focus on projects and specific proposals, which they have neglected (vii) to combine effectively with general principles recognized by everyone. I have tried to make up for this lack, leaving it to those who are more enlightened than I am to build upon my ideas for the advancement of the public good.
One should not be surprised that I do not speak the specific language of financiers, having never gone to their schools. But since princes have honored me with jobs whose scope is to advise them, I do not believe I have left my sphere by treating (viii) a subject about which all those who enter the councils of princes have the right to speak. This is why I must not expect the public to reproach me like Henry IV, King of France, did his tailor (1) who had proposed to him a new financial regulation by summoning his Chancellor to sew for him. However, one must not believe that those usually called financiers are the only oracles to consult on this subject. On the contrary, one must (ix) believe that some are just as far removed from the true principles and the requisite knowledge as Henry IV’s tailor. I remember hearing about three famous financiers in Germany, one of whom had previously been a timpanist, the other a taverner, the third a footman. [^2] People have assured me that all three amassed immense wealth, but no one could maintain that they provided significant service to the prince or the public; on the contrary, they had been accused of having impoverished the ruler and the (x) people. This example is a sure sign that those who seem to have a big name cannot always fulfill all its duties, just as those who cook for a prince are not always the best chefs.
French Text
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Tout ce que je m'imagine estre nouveau dans mon Livre, c'est la methode: j'ai cherché des principes (vi) surs & solides, qui puissent servir de regles & de guides dans tout ce que I'on voudroit entreprendre pour bien conduire l'économie d'un Etat: j'ai taché de les arranger selon l'ordre naturel qu'on doit suivre en écrivant dans toutes sortes de sciences , & de lier l'un avec l'autre par des consequences nécessaires. Je ne puis me souvenir d'avoir vû un seul Auteur, qui ait écrit de cette façon, outre que tout ce qu'ils nous disent ne roule que sur des projets & sur des propositions particulieres, qu'ils ont négligé (vii) de bien combiner avec des principes generaux, reconnus de tout le monde; j'ai taché de suppléer à ce défaut, laissant à ceux qui ont plus de lumiere que moi, d'encherir sur mes idées pour l'avancement du bien public.
On ne doit pas estre surpris de ce que je ne parle pas un certain langage propre aux Financiers, n'ayant jamais été dans leurs Ecoles: mais comme je suis à portée de donner des avis aux Princes par rapport aux emplois dont ils m'ont honoré; je ne crois pas estre sorti de ma sphere en traitant (viii) un sujet, dont tous ceux qui entrent dans les conseils des Princes ont droit de parler. C'est pourquoi je ne dois point attendre du public un reproche pareil à celui que Henry IV. Roy de France fit autrefois à son Tailleur, qui lui avoit presenté un nouveau Reglement de finances, en faisant appeller son Chancelier pour faire un habit au Roy. Cependant on ne doit point croire que ceux qu'on appelle ordinairement financiers soient les seuls oracles à consulter dans cette matiere: au contraire on doit (ix) être persuadé qu'il y en a qui sont aussi éloignez des veritables principes, & des connoissances requises que le Tailleur de Henry IV. Je me souviens d'avoir ouï parler en Allemagne de trois Financiers fameux, dont l'un avoit été auparavant timbalier, l'autre cabarêtier, le 3eme laquais. On m'a assuré que tous trois avoient amassé des richesses immenses; mais on n'a pû soutenir qu'ils ayent rendu de grands services ni au Prince ni au public, & qu'au contraire on les avoit accusé d'avoir appauvri le maitre & les (x) peuples. C'est une marque certaine, que ceux qui paroissent sous de grands noms ne sont pas toujours capables d'en remplir tous les devoirs, comme ceux qui font la cuisine d'un Prince, ne sont pas toujours les meilleurs cuisiniers.
Notes
Translators Notes
(1) Barthélemy de Laffemas. Henri made him his tailor in 1566. He became Henri IV’s Contrôleur général du commerce in 1602.
(2) I have not yet found any other reference to this story.
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