
This common inclination for the agreeable and the convenient, which is simple and only shows (113) the same effects almost everywhere in man’s infancy, diversifies more or less as the contributors[^1] to his wealth present to him a certain quantity of different objects that excite in him, according to his inclinations, more or less love or aversion for one or the other. This diversity of human inclinations is the source of countless products to flatter our senses and to distance the objects that offend them. First men work to make life agreeable for infants with these products and present to them those that they find most to their taste, and they continue to diversify these objects until man’s old age. This is done, not only to entertain him, but also (114) to shorten the time and effort of his work by imagining, for example, machines, instruments, and tools with which he can satisfy his desires in a short time and with less trouble. This is done to make life happy by distancing difficulty, sorrow, pain and by providing our soul a certain joy, which contribute to our bodies lasting longer and our souls being better disposed to perform the necessary and useful functions for the common good of human society. It is evident that, through this admirable order that we see in nature, everything is disposed to lead to the same end, which is to preserve and to increase the number of men. (115)
Men have a desire, such as to live comfortably and agreeably, and they bring it into the world at birth. Thus, it is to be presumed that this desire is not given to them for their destruction and loss: on the contrary, by consulting our reason and by penetrating into the heart[^2] of things, we understand that a convenience in its purity and in its simplicity originates from a necessity and takes us back to it. First, we see that without the help of others we would never enjoy this multitude of objects that insert themselves so agreeably into our senses and bring us interior satisfaction. Without this help, we would not know the objects that produce these charming effects, (116) and as they make life sweet and pleasing to us, we wish the same thing for our contributors[^3] so that they are able and willing to provide us with these amenities. As long as man is guided by reason, he sees that this is the natural order of things and that everything leads to preserving and increasing the number of humans.
French Text
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Ce penchant commun pour l'agréable & le commode étant dans sa simplicité, & ne montrant presque partout (113) que les mêmes effets à l'enfance de l'homme, se diversifie plus ou moins à mesure que les concourans à sa richesse lui présentent une certaine quantité d'objets differens qui excitent en lui selon ses inclinations plus ou moins d'amour ou d'aversion pour l'un ou pour l'autre. Cette diversité d'inclinations dans les hommes est la source des productions innombrables, pour flatter nos sens, & pour éloigner les objets qui les offensent. Ce sont les hommes qui travaillent d'abord à rendre la vie agréable aux enfans par ces productions, & leur présentant ceux qu'ils trouvent plus de leur goût, & ils continuent à diversifier ces objets jusqu'à la vieillesse de l'homme. Ce n'est pas seulement pour le divertir, mais (114) pour abréger le tems & la peine de son travail, en imaginant par exemple des machines, des instruments & des outils, par lesquels en peu de tems & avec moins de peine il peut satisfaire ses désirs. C'est de rendre la vie heureuse en éloignant la peine, le chagrin, la douleur, & en procurant à notre ame une certaine allegresse, qui contribuent à ce que nos corps soient de plus longue durée, & que notre ame soit mieux disposée à faire les fonctions nécessaires & utiles au bien commun de la societé humaine. Il est évident que par cet ordre admirable, que nous voyons dans la nature, tout est disposé pour aboutir à une même fin, qui est la conservation & la multiplication des hommes. (115)
Ils ont une envie, comme de vivre commodement & agréablement, ils l'apportent au monde en naissant; il est donc à presumer, que cette envie ne leur est point donnée à leur destruction & à leur perte: au contraire, en consultant notre raison, & en penetrant dans l'interieur des choses, nous comprenons bien que le commode dans sa pureté & dans sa simplicité tire son origine du nécessaire, & qu'il nous y ramene. Premierement nous voyons que sans le secours des autres, nous ne jouirions jamais de cette multitude d'objets qui s'insinuent si agreablement dans nos sens, & nous causent une satisfaction interieure, sans ce secours nous ne connoîtrions pas les objets, qui produisent ces effets charmants, (116) & à mesure qu'ils nous rendent la vie douce & heureuse, nous souhaitons la même chose pour nos concourans, afin qu'ils soient en état , & qu'ils conservent la volonté de nous procurer ces agréments. Tant que l'homme est conduit par la raison, il voit que c'est l'ordre naturel des choses, & que tout aboutit à la conservation & à l'augmentation du genre humain.
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