
Thus it is as important and necessary for the universal interest of human society as it is for our individual interest for us to be well educated with the knowledge that shows us the unique and universal remedy against poverty in all its breadth so that our will, which has no other desire but happiness, can be satisfied by following the path that nature shows it. There is no difference to be made among men in this: an emperor, a king, a prince, a gentleman, a merchant, an artisan, (108) a farmer, in a word, everyone together is obliged either to go this way or to be neither rich nor happy. This is the universal source of all the sciences and all the arts. It is also the great ocean into which all the rivers and streams must flow. It would not be difficult to show how true ethics, policy, the economy, and all the sciences whose goal is temporal bliss must boil down to this simple principle and how they must bring man back from the errors that his passions inspire in him against the universal order of nature. It would not even be difficult to derive from[^3] this idea of our bliss in this world a copy of the one that we (109) promise ourselves in the future and to reconcile them with the full extent of the revelation. But since I only intended to give a general idea of what I call necessities in regard to wealth, I will put it off to another occasion and move on to conveniences.
French Text
French Text
Il est donc aussi important & nécessaire pour l'interest universel de la societé humaine, que pour le nôtre en particulier, que notre esprit soit bien nourri des connoissances qui nous montrent le remede unique & universel contre la pauvreté dans toute son étendue, afin que notre volonté qui n'a d'autre désir que la felicité, puisse se satisfaire, en suivant le chemin que la nature lui montre. Il n'y a pas là de distinction à faire entre les hommes; un Empereur, un Roi; un Prince, un Gentilhomme, un commerçant, un artisan, (108) un laboureur, en un mot tous ensemble sont obligez, ou de passer par là, ou de n'être ni riches, ni heureux; c'est la source universelle de toutes les sciences, & de tous les arts. C'est encore le grand Ocean dans lequel toutes les rivieres & les ruisseaux doivent retomber. Il ne seroit pas difficile à démontrer comment la veritable morale, la politique, l'économie & toutes les sciences qui ont pour but une felicité temporelle, se doivent réduire à ce principe simple, & comment ils doivent ramener l'homme des égarements que ses passions lui inspirent contre l'ordre universel de la nature. Il ne seroit pas même difficile à tirer après cette idée, de notre félicité dans ce monde, une copie de celle que nous nous (109) promettons dans l'avenir, & les concilier avec toute l'étendue de la revelation. Mais ne m'étant proposé que de donner une idée generale de ce que j'appelle nécessaire en matiere de richesses, je le remets à une autre occasion, & je passe au commode.
Previous Page