econweb banner

Chapter One Part One 67-70

Gourmands, or all those who convert the natural use of food into conveniences and superfluities, are in the same class as drunkards. Although this kind of dissoluteness is as much against the natural order as that of the drunkards, (67) it does not however produce effects quite as harmful because the Creator has made a barrier in the human body that does not admit as immoderate a portion of food as of liqueurs, for which the loss can be compensated with water.[^3] But I don’t know what to say of the starches, whose consumption is so excessive in certain countries, especially France, that a simple soldier would sometimes not dare to stand guard without having his hair well-powdered, a footman would not like to appear before his master without being covered with this material, and a dandy would think it a poor performance not to be lavish six times a day with a thing that is intended for human necessities and food. Feeding (68) bread to a large number of packs of hunting dogs is the same issue. It might seem that more grains exist in the Kingdom than are needed to feed the inhabitants and that only the superfluous amount is used in this way. But I always come back to my principle: that the quantity of grains that we would like to consider a superfluous good with regard to the Kingdom where they are plentiful cannot be changed from being the necessity that the Author of the natural order made them. And when there are no other people in the world who could eat this so-called superfluous amount and with whom, according to the laws of nature, this portion should be traded for their (69) superfluous things, which would increase considerably everyone’s wealth, we would still owe at least a portion of this superfluous amount to the poor who are almost completely deprived of it and only consume half of what they need to the detriment of their health and, consequently, of public opulence.

 

    French Text

    Les gourmands ou tous ceux qui convertissent l'usage naturel des nourritures & des mets en commode & en superflu, sont dans la même classe que les yvrones. Quoique ce déreglement soit aussi bien contre l'ordre de la nature que celui des yvrognes, (67) il ne produit pourtant pas des effets tout-à-fait si funestes, le Créateur ayant fait une barriere dans le corps humain, qui n'admet pas une portion si demesurée en mets comme en liqueurs, dont le dépérissement se peut récompenser par de l'eau. Mais je ne sçais que dire des amidons, dont la consommation est si excessive dans certains pays, surtout en France, qu'un simple soldat quelquefois n'oseroit monter la garde sans avoir les cheveux bien poudrez; qu'un laquais ne voudroit paroître devant son maître, sans être couvert de cette matiere, qu'un petit maître penseroit mal jouer son rôle, sans prodiguer six fois par jour une chose qui est destinée pour le necessaire & la nourriture des hommes. C'est (68) de même de la grande quantité de meuttes de chiens de chasse que l'on nourrit avec du pain. On diroit peutêtre qu'il y a plus de grains dans le Royaume, qu'iln'en faut pour nourrir les habitans; & que ce n'est que le superflu qu'on employe à ces usages. Mais je reviens toujours à mon principe, qu'une quantité de grains que l'on voudroit regarder comme un superflu, par raport au royaume où ils abondent, ne peut pas changer la qualité de nécessaire que l'Auteur de l'ordre de la nature lui a donné. Et quand il n'y auroit pas d'autres peuples dans le monde qui se pourroient nourrir avec ce prétendu superflu, & ausquels selon les loix de la nature cette portion devroit être communiquée en échange contre leur (69) superflu; ce qui augmenteroit considerablement les richesses des uns & des autres, on devroit au moins une portion de ce superflu aux pauvres qui en sont presque tout-à-fait privés, & n'en consomment que la moitié de ce qu'il leur faut au détriment de leur santé, & par consequent de l'opulence publique.