
II. Wealth, then, is only the ability to enjoy things easily. This is why I call it an easy enjoyment, this attribute of perfect wealth.[^1] We usually say, ‘That man has the easy life,’ to signal that he is rich, and all those who work to get rich claim that the goal is to have the easy life or to obtain necessary,(12) convenient and superfluous goods easily. They want to enjoy them as they wish, in a way that corresponds to their inclinations, without being bothered or disturbed in their enjoyment. A large quantity of goods that they cannot enjoy according to their pleasure, but that depend completely on the whim of another, would certainly not make them rich nor give them the easy life. They would be thirsty and be given food; they would want to eat and be taken on a walk; they would want to sleep and be taken out dancing; they would want to be alone and be given company; they would ask for a shirt and be given shoes, etc. This is not (13) called having the easy life nor easily enjoying necessary, convenient, and superfluous goods. We do not work to be in such a ridiculous situation. Those who serve in the houses of the great and the rich are almost in the same situation. While there, they enjoy in abundance all goods, including the superfluous. But since this enjoyment is not easy nor dependent on their own will, as soon as they have saved a small amount, they put themselves at ease and in a situation where they can follow their inclinations in the enjoyment of goods.
French Text
French Text
II. Rien n'est donc richesse que par la jouissance des choses dont nous pouvons jouir aisément. C'est pourquoi je l'appelle une jouissance aisée, étant un attribut de perfection de la richesse. On dit ordinairement, C'est un homme aisé, pour marquer qu'il est riche; & tous ceux qui travaillent pour s'en richir prétendent que c'est pour se mettre à leur aise, ou pour avoir aisément le nécessaire, (12) le commode & le superflu. Ils en veulent jouir à leur fantaisie d'une maniere qui répond à leurs inclinations, sans être gênés & troublés dans leur jouissance. Une grande quantité de biens dont ils ne pourroient pas jouir selon leur bon plaisir; mais qui dépendroit absolument du caprice d'un autre, ne les feroit certainement pas riches, ou ne les mettroit point à leur aise. Ils auroient soif, & on leur apporteroit à manger; ils voudroient se mettre à table, & on les meneroit à la promenade; ils auroient envie de dormir, on leur donneroit le bal; ils souhaiteroient d'être seuls, & on leur ameneroit compagnie; ils demanderoient une chemise, & on leur présenteroit des souliers etc. Cela ne s'appelle pas (13) être à son aise, & avoir une jouissance aisée du nécessaire, du commode & du superflu. On ne travaille pas pour se mettre dans une situation si ridicule. Ceux qui servent dans les maisons des grands & des riches sont presque dans le même cas. Ils y jouissent en abondance de tous les biens jusqu'au superflu. Mais comme cette jouissance n'est pas aisée ni dépendante de leur volonté, ils n'ont pas si tôt amassé un petit bien qu'ils se mettent à leur aise & dans un état où ils peuvent suivre leurs inclinations dans la jouissance des biens.
Previous Page