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Chapter One Part One 5-8

If it were possible for any one of these great noblemen of ancient Germany or Gaul to come back and, before seeing anyone else, meet--I won’t say a speculator, but simply a Parisian coachman decked out as they usually are-- he would perhaps speak to him and ask for his protection, believing him to be a king or one of the first noblemen of the country, just as today people of modest means from the provinces come for the first time to Paris and mistake the butler or the valet for the master of the house, seeing them all decked out in gold and silver. But it is also natural to believe that as soon as this ancient Prince (5) recognizes the magnificence and the splendor of our great nobles, he would strive for a wealth proportional to this way of life, feeling himself of equal birth and rank. And if he cannot cut the same figure, he would think he is very poor and very miserable, suddenly forgetting that formerly his magnificence had been limited to so very little. The ancients sought wealth that was within their reach, not knowing of any other, and although their example shows us to just how little a person’s wealth can be reduced, it does not prove in any way that the ancients were more philosophical than we are, nor that luxury, vanity, and pleasures were so far from their hearts (6) because the ways they used to satisfy them were different from ours. I would stray too far from my subject if I wanted to pursue my argument on the wealth of philosophers, not seeing practically anyone who really possesses it.
 

Besides, no one can rightly maintain that vice is absolutely attached to wealth and virtue to poverty, so much so that the scorn philosophers show for wealth seems more affected and vain than truly virtuous. Thus, it will not be a question of philosophical wealth in this treatise, but of that wealth which generally everyone seeks and views as one of their (7) greatest joys in this world and which God has made one of his benedictions.
 

    French Text

    S'il étoit possible que quelqu'un de ces grands Seigneurs de l'ancienne Allemagne ou Gaule, revînt au monde, & que san savoir vû d'autres personnes il rencontrât en son chemin, je ne dirai pas un Agioteur, mais seulement un Cocher de Paris, paré comme ils sont ordinairement, il s'adresseroit peut être à lui & demanderoit sa protection, le croyant ou Roi ou des premiers Seigneurs du payis, comme il arrive encore aujourd'hui aux petites gens de Province qui viennent la premiere fois à Paris & prennent le maître d'Hôtel ou valet de Chambre pour le maître de la maison, les voyant tout couverts d'or & d'argent; mais il n'est pas moins naturel de croire qu'aussitôt que cet ancien Prince auroit (5) reconnu la magnificence & le faste de nos grands Seigneurs il ambitionneroit une richesse proportionnée à cette maniere de vivre, se sentant de même naissance & condition, & sans pouvoir faire une pareille figure, il se croiroit tres pauvre & tres miserable, oubliant tout d'un coup, qu'anciennement sa magnificence auroit été bornée à si peu de choses. Les Anciens cherchoient une richesse qui étoit à leur portée, n'en connoissant point d'autre; & quoique leur exemple nous montre à combien peu de choses la richesse d'un homme se peut réduire, cela ne prouve en aucune façon que les anciens étoient plus philosophes que nous, & que le luxe, la vanité & les delices étoient si éloignez de leur (6) cœur, comme les moyens dont ils se servoient alors pour les satisfaire étoient differents des nôtres. Je m'écarterois trop de mon sujet si je voulois pousser plus avant ma dissertation sur Ia richesse des Philosophes, ne voyant presque personne qui la possede réellement.

    D'ailleurs l'on ne sçauroit soutenir avec raison que le vice soit absolument attaché à la richesse, & la vertu à la pauvreté; de sorte que le mépris que les Philosophes font paroître des richesses, ressemble plûtôt à une affectation & à une vanité qu'à un veritable sentiment de vertu. Il ne sera donc pas question dans ce traité de la richesse philosophique, mais de celle que generalement  tous les hommes cherchent & regardent pour un des plus (7) grands bonheurs qui leur puissent arriver dans ce monde, & que Dieu a mis dans le nombre de ses benedictions.

     

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